Thomas Edison allume la premiere ampoule le 31 décembre 1879

Laboratoire de Thomas Edison à Menlo Park équipé des premières ampoules électriques  Le 31 décembre 1879 dans son laboratoire de  Menlo Park dans le New Jersey,  Thomas Edison fait la première démonstration publique de la lampe à incandescence  En 1878,  lors d'une partie de pêche au lac Battle dans la Sierra Madre, Edison observe les fibres d'un morceau de bambou de sa canne à pêche), jeté au feu, briller sans se désintégrer. Cette observation lui inspire l'idée d'utiliser un filament fortement chauffé par un courant électrique à l'intérieur d'une ampoule hermétique, de laquelle on a enlevé l'air par une pompe à vide, pour produire de la lumière. En 1835 déjà, le principe de l'ampoule électrique avait été auparavant théorisé et expérimenté sans suite industrielle par l'Écossais James Bowman Lindsay. Le 31 décembre 1879, en rivalité directe avec l'Anglais Joseph Swan, Edison expérimente et brevète l'ampoule électrique à base de f

Le baiser Lamourette le 7 juillet 1792


Assemblée nationale, époque du 4 février 1790,  Archives Nationales

Le 7 juillet 1792, les gouvernants français sont au plus mal !
A la suite de la révolution de 1789, l'ennemi est aux frontières et, à l'Assemblée Législative (ancêtre de l'actuelle Assemblée nationale) les représentants de la Nation se déchirent entre diverses factions :  Feuillants, Fayettistes, Brissotins, Montagnards...  C'est dans ce contexte tendu que prend place l'épisode dit du "baiser Lamourette".
De quoi s'agit il ?
 De rien d'autre que d'une tentative de réconciliation proposée par Antoine-Adrien Lamourette le 7 juillet 1792 à l'Assemblée législative.
Antoine-Adrien Lamourette est un ecclésiastique, quelquefois appelé l'abbé Lamourette. Fin août 1791, il est nommé évêque constitutionnel de Rhône-et-Loire et métropolitain du Sud-Est, fonction qu'il cumule dès lors avec celle de député (les révolutions explosent mais les cumuls de mandat restent! ). Ce député intervient rarement à la tribune, mais il a été un proche de Mirabeau, a   travaillé avec ce dernier, et l'a aidé à préparer ses argumentaires.
« J’ai rarement parlé à la tribune », dit-il lui-même « mais de grands et énergiques patriotes y ont souvent prononcé ce que j’avais conçu et écrit ».

Lors de la séance du 7 juillet 1792, en plein débat, âpre, sur la « patrie en danger », Antoine-Adrien Lamourette a un eclair de génie en affirmant soudain  que  "la désunion de l'Assemblée est une source de malheur pour la Nation". Il  monte  donc à la tribune et en appelle à la réconciliation par un discours si émouvant que tous ses collègues tombent dans les bras les uns des autres y compris des personnalités  aussi opposées que Nicolas de Condorcet et Pastoret, qui la veille avaient débattu durement l'un contre l'autre par journaux interposés
Enthousiastes tous les députés d 'un seul choeur, réclament la publication de L'appel de Lamourette. Une délégation conduite par Lamourette va même au palais des Tuileries chercher le roi Louis XVI qui revient de ce pas  à l'Assemblée et, attendri, la félicite pour son esprit de fraternité.
Ce moment très ponctuel rappelle l'ambiance et les embrassades de la nuit du 4 août 1789.
Mais dès le l8 juillet, au club des Jacobins, refuge des sans-culottes et des révolutionnaires les plus endurcis, Jacques Billaud-Varenne remet les pendules à l'heure : « À voir certains membres se jeter dans les bras d'autres membres, il me semble voir Néron embrassant Britannicus et Charles IX tendant la main à Coligny ».
Lamourette en est pour ses frais d'embrassades mais ... l'épisode restera gravé dans les archives de l'Assemblée sous le nom de " baiser de Lamourette " !
Le brave Lamourette  quant a lui meurt sur l'échafaud 18 mois plus tard, le 11 janvier 1794....comme beaucoup de ceux qui étaient dans la salle.
Dans son Histoire de la Révolution française, Adolphe Thiers dit de cette épisode : « Ce fait prouve, comme tant d'autres, que la méfiance et la crainte produisaient toutes les haines, qu'un moment de confiance les faisait disparaître (...)  Le parti qu'on appelait républicain ne songeait pas à la République par système mais par désespoir ».

Blog de Jean-Jacques Handali